" La Pierre JODET "

Dominique.B en préparation pour Bordeaux-Paris :

"Trente minutes avant le départ, une sévère averse annonce le menu du jour pluie, pluie et pluie !



Vélos et maillot sont prêts !

Vu le sérieux habituel des organisateurs, nous avons un départ très étonnant puisque les barrières métalliques qui séparent les partants par tranche de 100 ne sont pasretirées. Lorsque le départ est donné cela engendre une belle pagaille et surtout des écarts très importants pour les derniers à s'élancer. Le peloton est très étiré et laisse de la place pour remonter vers l'avant sur la route détrempée.
Je pars donc sans conviction de revoir la tête de course, une remontée vers l'avant me semble impossible vu le temps perdu au départ. Pour tous ceux qui ont des ambitions c’est la solidarité obligatoire, je me mets à gauche de la route et saute dans le train de la remontée et surprise je me trouve avec de bonnes sensations.
Je colle au wagon d'une vingtaine de formule 1 et je sers les dents. Après une bonne demi-heure nous voilà revenu dans les 70, 80 premiers, pas si mal.
J’ai besoin de récupérer un peu, la route va être longue avec ces 180 kilomètres sous cette pluie qui redouble et ce relief annoncé plus costaud que les autres éditions.
Au compteur, la moyenne générale est de 40,9. Je suis satisfait, il y a bien longtemps que je n'ai fait un tel effort.
Et…chute, violente chute, tout le monde freine sur cette route mouillée les roues arrières partent en crabe c'est la chute collective.
J'évite 1 vélo, puis 2 autres et là je ne peux rien, il y en a plein la route, je touche un concurrent à terre. Je tombe à faible vitesse mais sur le coté, un remake de la PICARDE sauf que là, mon dérailleur pend au bout du câble, la vis sectionnée au niveau de la patte de cadre.
Course finie, je suis déçu, j'avais envie de savoir comment se serait passé la journée avec toutes ces difficultés.
Mouillé jusqu'aux os, je regarde passer toute la course jusqu'à la voiture de dépannage qui ne me propose que de monter dans le fourgon et de suivre pendant sept heures le dernier coureur. Non merci je vais me débrouiller.
Je me mets à gamberger : comment réparer ? . Le système D s'impose. C’est la clôture d'une pâture berrichonne qui est mon trésor du jour ! A la main et avec peine je vrille, avec une clef  alen, un bout de fer que je réussis à casser.
Après une réparation de fortune, je repars bon dernier mais je roule et çà fonctionne je vais pouvoir faire des bornes pour ma préparation à BORDEAUX PARIS.


 
Merci petit bout de fil de fer !

Après avoir remonter bon nombre de concurrents, je boucle les 108 kms de LA VENDOEUVROISE, seul parcours qu'il m'est autorisé de faire vu mon retard.
Après mon plateau repas, pour compenser le manque d'heure de selle je décide de faire à vélo les 70 kms du chemin de retour pour rejoindre LOCHES. 108 plus 70, le compte est bon, merci petit bout de fil de fer.

Ce qui est étonnant c'est que, finalement, aussi précaire que cela paraissait, tout fonctionnait parfaitement, comme quoi il y a des jours où tout va bien.