Triathlon : Ironman de Nice 2005

3,8 km de natation, 180 km de vélo et 42,195 km de course à pied


Olivier est licencié au Club Cycliste de Villeneuve Saint-Georges (UFOLEP 94). Sur les cyclosportives il roule avec le maillot Roulons ensemble contre le cancer.
C'est depuis peu qu'il s’est lancé dans le Triathlon. C’est avec humour qu’il nous fait partager son 1° Ironman de Nice.

Olivier : "L’Ironman France commence pour moi le 18 juin par une bonne nuit de sommeil. Pas de problème, no stress, j’ai dormi comme un bébé jusqu’à la douce sonnerie de mon réveil à 5h du mat’. Après avoir balancé le réveil à travers la pièce et surtout après avoir réussi à ouvrir les yeux, je me lève et je commence à ressentir un peu d’excitation. Je rive mes yeux sur mon portable en attendant l’heure H du départ de l’hôtel. Un petit déj’ vite fait bien fait et surtout plus copieux que d’habitude. Un regard sur le portable…. Zut à peine 5h30 ! Bon ben pas grave, je rassemble mes dernières affaires et je vais au parc pour bichonner mon TCR qui meurt d’envie d’envoyer les watts.


6h00 : Arrivée au parc … y’a du monde déjà. Bon, je regonfle les pneus qu’on a dû dégonfler la veille pour éviter de les éclater. C’est vrai ça, il faisait vachement chaud hier, pourvu qu’ça dure. Bon les patins de frein sont nickel, les pneus gonflés etc… et wahou Marc Allen, le Dieu du triathlon en personne ! Juste derrière moi ! Eh oui je coure en tant que 18-25ans donc mon vélo se trouve en 2eme ligne, dossard 45 juste derrière les pros ! Que vais-je faire ? Allen juste là ! Je veux lui serrer la main pour me porter chance avant mon 1er Ironman mais… je n’ose pas ! Ce sera le plus grand regret de mon Ironman, fallait oser d’autant qu’on dit de lui qu’il est très disponible et toujours souriant.
Bon, ce n’est pas tout mais là faut penser à enfiler ma combi. Vite fait bien fait et on descend sur la plage. Quel " slot " vais-je prendre ? Je choisis 1h14 je pense faire 1h15 donc c’est le plus proche de ce que j’attend.

6h30 : Ca y’est ! La meute est lachée, 1400 fêlés se jettent tête baissée dans la grande bleue. Moi en temps que natif de l’Ile de France et surtout n’ayant quasiment jamais nagé en mer, je me sens agréablement surpris par un détail : je peux voir mes "adversaires" ou plutôt mes compagnons de fortune sous l’eau, l’eau est claire, je n’ai pas l’habitude de voir sous l’eau à part à la piscine. Par contre de mon côté ça bataille ferme ! Mais bon, même si je ne suis pas grand je fais mon trou et le départ se passe très bien pour moi. Fin du 1er tour, sortie à l’Australienne et bonne surprise, les pom-pom-girls sont là mais pas de temps pour discuter faut retourner dans l’eau. Pour moi la nat’ n’est pas un problème, je progresse bien dans ce sport. Je crois que ça pourrait devenir mon point fort alors que je nage depuis 1 an et demi seulement à raison de 2 séances par semaine. Fin du second tour je prend un peu de temps sous la douche, je ne veux pas que le sel me gène pendant le vélo. On passe devant le portique, je regarde mon chrono : 1h08 ! Excellent ! Je part sur d’excellente base d’autant que je me sens encore très frais ! Je récupère mon sac, je mets mon cuissard, mon maillot, je rends mon sac aux bénévoles et …. Merde !!!! Mon dossard !!! J’l’ai pas !! Re-Merde !!! J’ai pas mon casque !
Faut retrouver mon sac : Mission impossible vu le flot de triathlètes qui arrive et qui continue d’empiler les sacs !!! Les bénévoles m’aident, cherchent, mais ne trouvent pas, un autre étourdi à fait la même erreur que moi : le dossard 126. Désolé mon cher Thomas, je me dis à ce moment là en pleine détresse que mon Iron est fini avant même d’avoir commencé.
C’est la que le miracle se produit, les bénévoles ont retrouvé mon sac ! Une charmante blonde à couettes me rend mon sac je prend tout ce qui me manque et enfin sur ma monture !

Départ du vélo avec casque et dossard...

7h50 environ : Je pars prudemment, le début est en faux plat et balayé par le vent, et il reste 180 bornes rien que pour le vélo. 25 de moyenne dans la première heure et demi sur l’intégralité du faux plat : bof pas terrible, mais les chose sérieuses commencent. L’horizon est caché par les collines et je sens que mon heure de gloire arrive.
Je grimpe souple mais bien, je rattrape beaucoup de monde dans les côtes, ça motive énormément en tout cas. Je prend 3 bidons à chaque ravitos (1 bidon pour de l’eau fraîche / 1 pour de la boisson énergétique / 1 pour s’arroser). L’ensemble du parcours est magnifique, je m’imprègne du paysage sublime de la région, il faut penser à ramener un maximum de souvenirs à l’arrivée.
Les descentes sont techniques, j’adore ça ! Je ne comprends pas pourquoi par contre certains jugent indispensable de balancer leurs bidons dans les virages. Pas grave, je fonce. Je rattrape mon camarade de club Fab’ qui est sorti de l’eau après moi mais qui a eu la bonne idée de ne pas égarer son dossard ! On discute un peu, ça fait plaisir de se revoir. On fait un petit bout de chemin ensemble vu que ça descend en faux plat pendant quelques kilomètres. Une côte, adieu Fab’, je m’en vais. J’aurais du plutôt dire au revoir car Fab' coure très vite.

Pendant les 180km de vélo de mon défi sportif, je roule avec le maillot de l'association Roulons ensemble contre le cancer

Enfin, le parc à vélo revient une nouvelle fois sous mes yeux. Je pose mon vélo, et là je me dis c’est dans la poche, les sensations sont super, je ne suis pas fatigué.
Je demande mon sac dossard 45 pour mes affaires de course à pied et là surprise ! Mon sac est introuvable ! On me dit d’aller voir les arbitres pour les cas de pénalité, mais je n’ai pas eu de carton noir.
L’arbitre confirme je n’ai pas de carton noir, retour vers la bénévole qui ne trouve toujours pas mon sac. Elle va voir les arbitres, et me ramène un sac sur lequel se trouvent 2 numéros : 45 et 46 (le 46 ayant apparemment eu un carton) ! Bon c’est mon sac, je me change en vitesse, la charmante bénévole à couettes me passe de la crème solaire sur le dos et voila c’est parti pour le finish !!


Course à pied : La première boucle se passe nickel, je reçois mon premier chouchou sans encombre d’une sympathique blondinette. Je pars pour le second tour sur les mêmes bases que le premier mais là je commence à avoir du mal à respirer. Peut-être la chaleur ou la pollution ou je suis parti un peu vite, peut-être les 3 ! Quoiqu’il en soit je garde le moral, je marche un peu à partir de la fin du 2nd tour mais je croise les potes du club qui ne sont pas tous très frais non plus. Depuis le début de la course à pied, je ne peux plus manger de solide à part les bananes mais ça semble suffire.



Le plus grand moment de l’Ironman pour moi c’est le demi tour de l’autre côté de la promenade : Plus qu’une ligne droite mais je ne peux plus courir que par intermittence. Le bonheur est là-bas à l’horizon, je croise un arbitre, qui accompagne une féminine, et qui me dis "plus que 2km" ! Enfin ! Je croise une dernière fois "mon public", la bénévole aux couettes m’encourage une dernière fois. Je ne saurais jamais les remercier assez elle et son pote. Passage devant les tribunes, je retire ma casquette pour la photo finish, explosion de bonheur dans le final mais je me dis déjà fini ???? 13h et 10 min quand même ! Je n’ai plus mal aux jambes en tout cas jusqu’à la ligne d’arrivée !

Un moment de bonheur intense !


La suite est sans importance sur le moment : Je reçois ma médaille, je commence à ressentir mes jambes de nouveau car l’euphorie de la dernière ligne droite est passée. Je retrouve les potes mais je ne suis qu’à demi conscient de ce que je viens de réaliser. Plus tard je me suis dis qu’à ce moment là je savourais sans le savoir.

Il y a beaucoup d'oubli dans mon récit car j'aurais pu parler de la pluie salvatrice du dernier tour de la course à pied ou d'autres détails encore mais je laisse votre imagination faire le reste...

En tous cas cette expérience inoubliable m’a donné envie de vous la faire partager et j’espère bien pour 2006 être de nouveau à Nice pour aider en tant que bénévole si je ne participe pas. Car si je m’étais promis de ne faire qu’un Ironman dans ma vie, j’ai changé d’avis et de nouveaux défis m’attendent. Je souhaite m'attaquer à l'Embrunman, Triathlon officieusement le plus dur du monde ! avec le maillot Roulons ensemble contre le cancer pour la partie vélo !!!

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